Laine de roche sur laine de verre : faut-il déposer l’ancienne isolation ?

La laine de roche se pose sur de la laine de verre sans difficulté, à une condition : aucun pare-vapeur ne reste coincé entre les deux couches. La laine de verre coûte moins cher et isole un peu mieux à épaisseur égale. La laine de roche domine sur le bruit, le confort d’été et l’humidité. Une ancienne laine de verre sèche, intacte et encore épaisse se conserve. Si elle est tassée, durablement mouillée, moisie ou rongée, elle se dépose. Les deux résistances thermiques s’additionnent.
Quelle différence entre la laine de verre et la laine de roche ?
La laine de verre est fabriquée à partir de sable et de verre recyclé (calcin), la laine de roche à partir de basalte, une roche volcanique. La roche est plus dense, donc plus lourde. Le verre est plus léger et plus facile à poser.
Ces deux laines minérales appartiennent à la même famille d’isolants et sont les plus utilisées en France pour l’isolation thermique des logements. Leur fabrication diffère pourtant : le verre est fondu puis fibré, tandis que la roche, fondue elle aussi, associe au basalte du coke, de la chaux et des matières recyclées. Sa structure plus dense et sa composition minérale la distinguent du verre.
Quelle laine isole le mieux : thermique, bruit, feu et humidité ?
La laine de verre isole légèrement mieux sur le plan thermique à épaisseur égale. La laine de roche l’emporte sur l’isolation phonique, le confort d’été et la résistance à l’humidité. Au feu, les deux matériaux se retrouvent à égalité, avec un classement entre A1 et A2.
Côté performances thermiques, l’écart reste mince : le verre affiche 0,030 à 0,046 W/m.K, la roche 0,032 à 0,044 W/m.K. Pour 100 mm d’épaisseur, la résistance thermique atteint R = 2,50 à 3,30 m².K/W en verre et 2,35 à 3 m².K/W en roche. Prévoyez donc une épaisseur de roche un peu supérieure pour viser la même résistance thermique.
La densité de la roche absorbe davantage les bruits : son isolation phonique est excellente, celle du verre bonne. Une laine de verre acoustique, plus dense que la version classique, rejoint pourtant la roche contre les nuisances sonores extérieures. En été, la roche assure un meilleur confort, grâce à un déphasage thermique plus important.
Face à l’humidité, la laine de roche affiche une très bonne résistance. La laine de verre ne craint pas l’eau au point de se détruire : mouillée, elle retrouve son pouvoir isolant une fois sèche.
Combien coûtent la laine de verre et la laine de roche ?
La laine de verre coûte moins cher que la laine de roche. Pour atteindre une résistance thermique R = 1 m².K/W, le prix moyen s’établit à 1,33 €/m² en verre contre 1,80 €/m² en roche, soit environ 35 % de plus pour la roche.
Le rouleau de 200 mm passe de 7,90 à 9,40 €/m², le panneau rigide de 45 mm de 2,75 à 4,20 €/m². Les flocons à souffler inversent l’écart : 2,40 €/kg en verre, 2,15 €/kg en roche. Le pare-vapeur, souvent nécessaire avec le verre, réduit aussi la différence.
Le rapport qualité prix de la roche se justifie quand l’humidité, le confort d’été ou le bruit comptent. Pour une isolation thermique courante, le verre offre des performances proches à moindre prix.
Quelle laine choisir pour les combles, les murs ou le sol ?
La laine de roche convient aux combles perdus, aux combles aménagés et aux murs isolés par l’extérieur, grâce à son confort d’été, à sa densité et à sa tenue face à l’humidité. La laine de verre convient aux murs isolés par l’intérieur et aux planchers bois ou placo, où son faible poids et son prix comptent.
Dans les combles perdus, la laine de roche, posée en deux couches croisées, assure le meilleur confort d’été. Les combles aménagés suivent la même logique, mais la laine de verre reste moins chère et se pose en une seule couche.
Pour les murs, l’isolation thermique par l’intérieur favorise la laine de verre : elle performe mieux à épaisseur égale et préserve la surface de la pièce. Par l’extérieur, la laine de roche prend l’avantage grâce à sa résistance phonique et à l’humidité.
Au sol, le poids tranche. À 32 cm d’épaisseur, il faut 3,5 kg de laine de verre par m² contre 7 kg de laine de roche. Un plancher béton n’impose aucune limite, alors qu’un plancher bois ou placo plafonne à 10 kg par m².
Peut-on mettre de la laine de roche sur de la laine de verre ?
La superposition des deux laines minérales est possible : la laine de roche se pose au-dessus de la laine de verre existante. Une condition s’impose, aucun pare-vapeur ne doit rester entre les deux couches, sinon il se forme un effet sandwich. La laine de verre reste en bas, la roche en haut.
Si l’ancienne laine de verre porte un pare-vapeur sur la face tournée vers la roche, retirez-le ou fendez-le avant la pose. Il ne reste en place que s’il se trouve du côté chaud, sous la laine de verre, et sans nouvelle barrière ajoutée. La couche de roche est livrée sans pare-vapeur. Du côté chaud, une barrière anti-vapeur unique évite la condensation.
La laine de verre inférieure ne se compresse pas. Écrasée, elle perd son pouvoir isolant. Les résistances thermiques R des deux isolants minéraux s’additionnent, ce qui renforce l’isolation thermique et acoustique des combles perdus comme des autres parois.
Faut-il enlever l’ancienne laine de verre avant de ré-isoler les combles ?
Non, la dépose n’a rien de systématique : une ancienne laine de verre sèche, intacte et qui a gardé son épaisseur se conserve, et la nouvelle isolation se pose par-dessus. Elle se dépose quand elle est tassée, durablement mouillée ou moisie, ou attaquée par des rongeurs.
Quatre critères vérifiables départagent les cas :
- Tassement : un isolant comprimé perd son épaisseur nominale, donc sa capacité isolante. Une laine écrasée se remplace.
- Humidité : une laine de verre mouillée retrouve son pouvoir isolant une fois sèche. Elle reste en place si elle a séché, mais un dégât des eaux durable impose son remplacement.
- Moisissures : une laine moisie se dépose.
- Rongeurs : une laine qui présente des traces d’attaque est dégradée, et la dépose s’impose.
L’âge, lui, ne tranche pas seul. La laine de verre ou de roche dure plus de 50 ans avec une pose correcte. Une laine installée il y a 40 ans affiche toutefois un lambda plus élevé que les laines actuelles : elle isole moins bien que les produits neufs, même saine.
Comment poser la seconde couche et calculer la résistance thermique obtenue ?
La seconde couche se pose perpendiculairement à la première, et les deux valeurs R s’additionnent : la résistance thermique totale égale le R de la première couche plus le R de la seconde. Dans des combles perdus, ce croisement des deux isolants cumule les résistances de chaque épaisseur pour atteindre l’objectif visé.
Déroulez les rouleaux ou posez les panneaux de roche en travers de ceux de laine de verre. Les jonctions ne s’alignent plus, ce qui supprime les ponts thermiques. Ne comprimez aucun des deux isolants : écrasé, il perd son épaisseur nominale et sa performance annoncée. Ne laissez aucun espace vide entre les panneaux, car chaque vide devient une zone de déperdition. Aucun pare-vapeur ne reste entre les deux couches. Si un isolant porte un kraft hors du côté chauffé, lacérez-le. Suivez les recommandations du fabricant pour les fixations et les espacements.
Pour le calcul, relevez le R de chaque produit, puis additionnez-les. Comparez le total à la valeur visée et ajustez l’épaisseur de la seconde couche jusqu’à l’atteindre.
Laine de roche sur laine de verre : vérifier avant de poser
Avant d’acheter quoi que ce soit, soulevez un coin de l’ancienne laine de verre et jugez son état : épaisseur retrouvée, absence d’humidité durable ou de moisissure, aucune trace d’attaque de rongeurs. Un seul de ces défauts (tassement, humidité durable, moisissure, rongeurs) justifie la dépose.
Si l’état est bon, mesurez l’épaisseur restante, déduisez son R, puis choisissez la laine de roche qui complète l’objectif visé. Posez-la en croisé, sans pare-vapeur intercalé.