Loi de finances 2026 et rénovation énergétique : ce qui change

Présenté le 14 octobre 2025 en Conseil des ministres, le projet de loi de finances (PLF) 2026 a connu un parcours mouvementé avant son adoption : faute d’accord entre députés et sénateurs, le texte n’a été voté par l’Assemblée nationale que le 2 février 2026, via l’article 49.3. Entre-temps, MaPrimeRénov’ a été suspendue du 1er janvier au 23 février 2026, plus aucun dossier ne pouvant être déposé pendant cette période. Le guichet a rouvert depuis pour l’ensemble des ménages et des parcours.
Voici les principaux changements introduits pour la rénovation énergétique, côté particuliers, collectivités et entreprises.
Changements pour les particuliers
Recentrage de MaPrimeRénov’
MaPrimeRénov’ reste l’aide principale de l’État pour financer les travaux de rénovation énergétique, gérée par l’Anah en fonction du revenu fiscal de référence des ménages. Mais le PLF 2026 acte un recentrage du dispositif : la dotation de l’Anah passe de 2 milliards d’euros en 2025 à 1,5 milliard, soit une baisse de 500 millions d’euros. L’objectif affiché est de concentrer la rénovation globale sur les logements jugés prioritaires, tout en s’appuyant davantage sur les certificats d’économies d’énergie (CEE) pour financer les travaux ciblés.
Concrètement, depuis le 1er janvier 2026, l’isolation des murs (par l’intérieur comme par l’extérieur) et les chaudières biomasse ne sont plus financées dans le cadre du parcours par geste : ces travaux restent éligibles, mais uniquement dans le cadre d’une rénovation d’ampleur (un bouquet de plusieurs travaux). Les bonus « sortie de passoire thermique » et « bâtiment basse consommation » (+10 % chacun) ont également été supprimés, de même que le plafond de dépenses à 70 000 € pour un gain de 4 classes de DPE ou plus.
D’autres évolutions sont prévues au 1er janvier 2027 : le diagnostic de performance énergétique (DPE) deviendra obligatoire pour toute demande, et les maisons individuelles classées F ou G ne pourront plus accéder au parcours par geste — seule la rénovation d’ampleur restera ouverte à ces logements.
La fin du bouclier tarifaire
Contrairement à la situation de 2023, le bouclier tarifaire sur l’énergie n’existe plus en 2026 : il a pris fin pour le gaz dès juillet 2023, puis pour l’électricité le 1er février 2025. Les tarifs réglementés évoluent désormais selon les décisions de la Commission de régulation de l’énergie (CRE), sans plafond de protection. Au 1er février 2026, la CRE a proposé une baisse moyenne de 0,8 % du tarif réglementé de l’électricité, largement compensée par la hausse de plusieurs taxes (accise, TURPE). Les ménages les plus modestes restent accompagnés via le chèque énergie.
Changements pour les collectivités
Le fonds vert, qui finance notamment la rénovation énergétique des bâtiments publics et l’adaptation des territoires au changement climatique, reste un outil central pour les collectivités dans le cadre de la transition écologique. Les logements sociaux classés F ou G continuent également de faire l’objet d’un soutien spécifique à leur rénovation, dans un contexte budgétaire plus contraint qu’en 2023, l’effort global de l’État sur la rénovation énergétique étant recentré plutôt qu’étendu.
Changements pour les entreprises
Crédit d’impôt rénovation énergétique : le dispositif s’est éteint
Le crédit d’impôt pour la rénovation énergétique des bâtiments tertiaires des PME, remis en place par la loi de finances 2023 pour les devis signés entre janvier 2023 et fin 2024, n’a pas été reconduit : il s’est éteint au 31 décembre 2024. Les dépenses engagées depuis le 1er janvier 2025 n’ouvrent donc plus droit à cet avantage fiscal. Les entreprises qui souhaitent financer des travaux de rénovation énergétique doivent désormais se tourner vers les certificats d’économies d’énergie (CEE), qui restent accessibles sans condition de revenus.
La fin du bouclier tarifaire pour les entreprises
Comme pour les particuliers, le bouclier tarifaire dont bénéficiaient certaines TPE (chiffre d’affaires inférieur à 2 millions d’euros, compteur électrique de moins de 36 kVA) a pris fin en 2025. Les entreprises encore au tarif réglementé ou sur une offre indexée restent soumises aux mêmes hausses que les particuliers, sans plafonnement spécifique.
FAQ
Quels sont les changements pour la rénovation énergétique des particuliers en 2026 ?
MaPrimeRénov’ est recentrée sur les logements prioritaires, avec une dotation en baisse et la sortie de l’isolation des murs et des chaudières biomasse du parcours par geste. Le bouclier tarifaire, qui plafonnait la hausse des prix de l’énergie, n’existe plus depuis 2025.
Le crédit d’impôt rénovation énergétique pour les PME existe-t-il encore ?
Non. Ce dispositif, remis en place par la loi de finances 2023, s’est éteint au 31 décembre 2024 et n’a pas été reconduit par le PLF 2026. Les entreprises peuvent en revanche continuer à mobiliser les certificats d’économies d’énergie (CEE) pour financer leurs travaux.
MaPrimeRénov’ est-elle toujours accessible en 2026 ?
Oui. Après une suspension du 1er janvier au 23 février 2026 liée au retard de l’adoption de la loi de finances, le guichet MaPrimeRénov’ est de nouveau ouvert pour l’ensemble des ménages et des parcours, avec des barèmes et conditions révisés.